Aix en Provence – Cathédrale Saint-Sauveur

Aix en Provence – Cathédrale Saint-Sauveur

 

Introduction :

Aujourd’hui, je vais vous faire une présentation succincte de la Cathédrale Saint-Sauveur, sise à  l’Archidiocèse d’Aix en Provence.

Voici le site internet de la Cathédrale. Malheureusement, vous n’y trouverez guère de quoi contenter votre soif de culture, néanmoins vous pourriez y avoir la joie de voir la programmation des prochaines messes et peut-être même, bande de sacrés veinards, de lire les vœux de l’Archevêque Monseigneur Dufour.

 

Localisation de la Cathédrale Saint-Sauveur :

 

 

Histoire de la Cathédrale Saint-Sauveur :

Véritable patchwork architectural, la cathédrale Saint-Sauveur a traversé les siècles en conservant dans sa pierre la trace des époques révolues. Edifiée, selon la légende, sur un temple païen, elle fut sans cesse remaniée et unit trois nefs de styles différents (roman, gothique et baroque) que flanquent un baptistère hérité de l’antiquité et un cloître du XIIe siècle.
Pour aller dans le détail, en -123 le proconsul Sextius, envoyé par Rome pour détruire l’oppidum des Ligures, construisit après sa victoire une forteresse près de sources thermales qu’il appela Aquae Sixtiae (les Eaux de Sextius, hein, tant qu’à faire). Aix en Provence est né.
Un Forum Romain a alors été installé sur, selon la légende, un lieu de culte à Apollon ou du moins une divinité solaire.
Au 3ème siècle le christianisme s’installe et une chapelle dédiée au Saint-Sauveur est construite sur le Forum.
Au 4ème siècle l’invasion des Wisigoths met fin à la domination romaine.
Au 6ème siècle les Ostrogoths d’Italie les renversent et prennent le pouvoir.
Au 7ème siècle s’élève enfin la cathédrale, et sa construction complète s’achèvera avec le clocher au 16ème siècle.

 

Cathédrale Saint Sauveur de pied en cap

 

 

Ma Visite de la Cathédrale Saint-Sauveur :

C’est un bien bel Archange qui protège l’entrée de la Maison de Dieu.
Quand on arrive devant elle apparait massive, bien enchâssée entre les bâtiments de la ville, elle tient la tête haute et fière.

 

Cathédrale Saint Sauveur

 

 

Quand je suis entré, pour ma part j’ai eu un choc. Aix en Provence est un peu la capitale bourgeoise du sud (pourquoi dis-je « un peu »?), et pourtant l’endroit est sombre, abimé, vieux… Alors certes, le bref historique précédant nous montre que l’endroit nous contemple du haut de ses quelques 1400 ans et peut donc se permettre sans rougir d’accuser quelques signes d’anciennetés. Cependant, nous sommes à Aix en Provence, dans un Archidiocèse, je m’attendais à quelque chose d’époustouflant, d’éblouissant, de reversant, de simplement Biblique. Hélas non, les hautes colonnes ne sont mises en valeur par aucune lumière joueuse, les peintures et sculptures ne rayonnent d’aucune aura si ce n’est qu’elles sont des trésors en elles même.
Prenez par exemple cette énorme (dans les 4x4m) peinture murale : « Transfiguration du Sauveur », de Jean Daret-fils. Réalisée dans les années 1650. Voilà presque 400 ans d’histoire qui nous regarde et seul un coin de rayon de soleil vient l’éclairer. La photo n’en aurai été que mieux en exposition longue sans le soleil qui ne fait que surexposer son point de contact, et pour le plaisir des yeux? Rien…

 

Cathédrale Saint Sauveur - Transfiguration du Sauveur

 

 

Voici un fabuleux triptyque : Le « Buisson Ardent », de Nicolas Froment. Celui-ci par contre est mis en valeur, un peu comme un Saint Graal. Avouons que son histoire est aussi une grande aventure :
Commandité en 1476 par le Roi René pour le tombeau de ses entrailles. L’œuvre provient du couvent des Grands Carmes, détruit sous la Révolution. Le panneau central représente la Vierge et l’Enfant sur le buisson ardent. Au 1er plan, sur la droite, Moïse, gardant son troupeau, se déchausse à la vue de cette apparition. Les 2 autres parties du triptyque représentent les commanditaires de l’œuvre, le Roi René et la Reine Jeanne, dans une attitude pieuse. René porte l’habit des chanoines de St Victor. Une citation du livre des Proverbes surmonte l’œuvre,  » Qui me trouve, trouve la vie… » Selon des spécialistes, la ville représentée sur la droite du tableau évoquerait Avignon. Quant au château sur la gauche, ce pourrait être le château de Saumur en Anjou, propriété du Roi René. Il est considéré comme un chef d’œuvre emblématique de la fin du Moyen Age et une icône de l’identité provençale, associée à la légende du « bon roi René ». Le seul autre tableau authentifié de ce peintre « la résurrection de Lazare » est conservé à Florence. Après un long et délicat processus de restauration entamé en (2003) en partenariat avec l’Université de Tokyo et le Centre Interrégional de Conservation et de Restauration du Patrimoine de Marseille, le Triptyque du Buisson ardent est restitué dans ses dispositions d’origine. Restaurée, le triptyque, qui pèse près d’une demi-tonne, a été réinstallée dans la cathédrale fin Janvier (2011).

 

Cathédrale Saint Sauveur - Triptyque du buisson ardent

 

 

Cette statue est émouvante. J’ai toujours été ému par le travail de certains artistes capables d’insuffler une dynamique sur des choses aussi figées que des statues. Mais hélas, ici aussi l’éclairage pauvre et indigne d’une telle cathédrale ne la met que fort mal en valeur. Car cette statue à toute sa place dans la Cathédrale du Saint-Sauveur, puisqu’elle représente le « Christ ressuscité », le Saint-Sauveur lui même. Les plus observateurs d’entre vous l’auront d’ailleurs noté avant même que je le précise puisque l’on voit les stigmates de la croix (aux pieds) ainsi que la blessure de la lance de Longinus (dans les côtes).

 

Cathédrale Saint Sauveur - Christ ressuscité

 

 

Fort heureusement, s’il est bien des œuvres qui n’ont besoin de lumière que celle des cieux, ce sont les vitraux. Or il est a noter qu’il est quelques vitraux splendides représentant des scènes bibliques et spirituelles.
Et pour une fois, ce sera la seule, la chiche lumière intérieure de l’édifice était la un avantage pour admirer tout à loisir ces lumières colorées et chatoyantes.

 

Cathédrale Saint Sauveur - Vitrail

 

 

Les orgues sont des pièces majeures de la cathédrale. Réalisés en 1766, ils s’intègrent fort bien de part et d’autre de la nef. Je n’ai pas eu le plaisir de les entendre, mais je sais par expérience que les acoustiques générées par ses instruments sont propres à émerveiller l’âme et à soudain se sentir s’élever vers un état d’existence supérieur. Oui, c’est bien cela… L’orgasme auditif.

 

Cathédrale Saint Sauveur - Orgue

 

 

Le coeur est honnêtement très dépouillé. Point de grand autel, point de grande croix dominant l’assemblée des fidèles. Seuls 2 Menorah aux proportions généreuses et portés par des anges attirent mon regard désespéré en quête de grandeur salutaire.

 

Cathédrale Saint Sauveur - Coeur et Abside

 

 

Le baptistère… J’ai eu un réel plaisir à photographier la seule partie lumineuse de l’endroit. Franchement, la place était tellement sombre que j’ai laissé du temps à mes yeux pour s’adapter à l’obscurité. Bien m’en a pris, car l’instant d’après je voyais ce qui se dressait devant moi : RIEN. Enfin, je devrais plutôt dire le trou dans lequel les baptêmes se faisait (car oui, avant les baptêmes se faisaient par immersion, et non par une petite rincette de la nuque), et dans lequel j’aurai pu choir perdant pour le coup toute trace de dignité. Il est en effet mal vue de jurer comme un charretier dans une enceinte sacrée.

 

Cathédrale Saint Sauveur - Baptistère

 

 

Ma conclusion sur la Cathédrale Saint-Sauveur :

Enfin, le tour de la grande cathédrale d’Aix en Provence se terminait, me laissant bien malgré moi un goût étrange. Un je ne sais quoi de lieu abandonné, dont la gloire appartiendrait à un passé révolu.