Milan – La cathédrale « Il Duomo »

Milan – La cathédrale « Il Duomo »

 

Introduction :

Sortant de la galerie Vittorio Emmanuel II, je me retrouvais enfin face au Dôme de Milan : « Il Duomo ».
De toutes les églises, cathédrales, basiliques ou monastères que j’ai pu visiter jusqu’à aujourd’hui, rien, absolument rien ne m’a préparé à cette vision monumentale de ce que la grandeur de la foi peut faire accomplir par l’Homme. Préparez-vous à l’emploi fréquent de superlatif tout au long de cet article car « Il Duomo » s’y prête plus que de raison. Tout semble hors norme. En fait non, tout est hors norme.

 

Localisation :

 

 

Située sans surprise sur la « Piazza del Duomo », la cathédrale de Milan est la troisième plus grande au monde, et deuxième plus grande de style gothique. La première impression qui se dégage lorsqu’on la découvre, c’est que l’on contemple un monstre grandiose, un témoin bouleversant de ce que la passion et la foi peuvent générer de superbe. Son style gothique est écrasant de complexité avec ses rosaces magnifiques et ses statues par milliers. Je ne parle la que de la première impression…

 

Il Duomo - Place

 

 

Histoire de Il Duomo :

Une si grande cathédrale n’a pas été bâti un jour, ni en cent, ni même en cent mille… Voyons cela de plus près.
Au 5ème siècle s’élevait au même endroit la cathédrale Santa Maria Maggiore et la basilique Santa Tecla.
En 1075, un incendie les détruit partiellement. Les reconstructions qui s’en suivent sont partielles également car la structure elle même ayant été fragilisée, des effondrements ponctuels ont lieu.
En 1386, l’archevêque Antonio de’ Saluzzi prévoit la construction d’une nouvelle cathédrale à l’endroit même du coeur religieux le plus antique de la ville. Démarrée sur la base d’une construction en brique conforme au technique de l’art gothique Lombard, le seigneur de la ville Jean Galéas Visconti opte pour un style plus ambitieux. Le style devient gothique international et les briques sont remplacées par du marbre de Candoglia.
En 1387, les fondations sont creusées et les piliers mis en place.
En 1388, les murs du périmètre sont commencés.
Entre 1389 et 1390, le français Nicolas de Bonaventure est chargé de concevoir le design des fenêtres.
De nombreux architectes, d’origines française, allemande et lombarde, se succèdent rapidement ce qui crée un climat de tension car chacun donne des modifications pour laisser sa patte sur l’édifice.
En 1391 et 1392 est décidé l’élargissement de l’édifice et sa hauteur finale.
En 1567, l’archevêque Charles Borromée commande l’accélération des travaux (commencés il y a déjà presque 2 siècles).
En 1572, bien que la construction ne soit toujours pas achevée, Charles Borromée consacre l’église.
En 1584, le dessin de la façade est envoyé au Pape Grégoire XIV pour validation.
Pendant tout le 17ème siècle, de grands architectes vont se succéder et les travaux avancent grandement.
Entre 1765 et 1769, la tour-lanterne et la flèche majeure sont achevés et 5 ans plus tard est élevée la « Madonnina », la grande statue de la vierge en cuivre doré.
En 1805, Napoléon 1er insiste lourdement afin que les travaux soient achevés en vue de son couronnement.
En 1813, Napoléon est consacré Roi d’Italie dans la cathédrale dont la façade est enfin terminée.
En 1892, les flèches et décorations architecturales sont achevées. Bien entendu, pendant ces siècles de construction, il y eu tout du long des travaux de rénovation et de restauration afin de remplacer les voutes et autres éléments d’architectures abimés par le temps et le chantier.
Pendant la seconde guerre mondiale, la cathédrale, bien que n’étant pas une cible, subi néanmoins quelques dommages collatéraux.
En 1960 une étude révèle que différents facteurs ont fragilisés la stabilité des 4 piliers soutenant la tour-lanterne.
De 1969 à 1986 des grands travaux sont fait pour totalement sécuriser la stabilité de l’édifice.
Ce grands travaux s’achèvent au 600ème anniversaire du début des travaux du Dôme.
Aujourd’hui encore, des travaux de restaurations conduis par la « Veneranda fabbrica des Duomo » sont fait en continu afin de conserver l’édifice dans toute sa splendeur.

Dans le dialecte Milanais existe une expression tout à fait typique et de circonstance : « Longh comm la fabbrica del Domm » (long comme la construction du Dôme). Cette expression servant à désigner quelque chose d’interminable.

 

Il Duomo - Face avant

 

 

L’extérieur est déjà, rien qu’en lui même, sacrément impressionnant. Mais pénétrer dans l’édifice est une aventure en soit à ne pas rater. Vous avez surement déjà eu cette impression déstabilisante, lorsque vous entrez dans un endroit et vous dites que tiens, ça n’avait pas l’air si grand vue de l’extérieur. Croyez moi, l’effet est d’autant plus saisissant lorsque l’intérieur semble plus immense que l’extérieur est colossal. C’est haut, c’est surdimensionné, c’est un miracle de l’architecture.

 

Il Duomo - Vue centrale

 

 

Architecture de Il Dumo :

Je me dois de vous donner la quelques chiffres, ceci afin de vous faire réaliser que je ne suis pas un poète rêveur, facilement impressionné par trois cailloux savamment empilés.

Architecture extérieure :
– Hauteur maximale : 108,50 mètres
– Hauteur de la Madonnina : 4,16 mètres
– Hauteur de la façade centrale : 56,50 mètres
– Longueur de la façade principale : 67,90 mètres
– Longueur extérieure : 158 mètres
– Largeur extérieure : 93 mètres
– Nombre de statues : 2245 + 96 gargouilles
– Nombre de flèches : 135

Architecture intérieure :
– Hauteur de la nef principale : 45 mètres
– Longueur intérieure : 148 mètres
– Largeur interne des 5 vaisseaux de la nef : 57,60 mètres
– Largeur intérieure : 66 mètres
– Superficie interne : 11 700 m²
– Nombre de colonnes intérieures : 52
– Nombre de statues : 914
– Hauteur des colonnes intérieures : 24 mètres
– Diamètre des colonnes intérieures : 3,40 mètres

Et pour le mot de la fin, la cathédrale à suffisamment de bancs pour accueillir 40 000 fidèles.
Des chiffres éloquents, qui expliquent sans artifice le vertige qui nous prend lorsqu’on contemple l’édifice.

 

Il Duomo - Vue de côté

 

 

Ma visite de Il Duomo :

Ce qui fait plaisir dans la visite de cette cathédrale, c’est qu’elle n’est pas qu’un grand espace vide. Oh non… On croise bien des oeuvres artistiques, tableaux, statues, bas reliefs, orfèvreries… Chacune de ces oeuvres fait partie intégrante du patrimoine historique de l’Eglise Catholique.
On peut aussi contempler l’art de la momification utilisée sur les hauts représentants de l’Eglise. Dans la première travée de la nef à droite en entrant, on trouve le sarcophage de l’archevêque Aribert d’Intimiano mort en 1045. Un sarcophage transparent offrant à notre regard le corps tout de même fort bien conservé ( quasiment 1000ans!) avec simplement un masque posé pudiquement sur le visage.

 

Il Duomo - Momie

 

 

Il y a également une statue tout à fait remarquable, qui m’a franchement mis mal à l’aise de part son réalisme et le sentiment grave, sévère et presque malsain qui s’en dégage.
Il s’agit de la statue de Saint Barthélemy Ecorché, œuvre réalisée en 1562 par Marco d’Agrate, où le saint montre sa peau jetée comme une étoffe sur ses épaules. Cette statue aux dimensions et proportions parfaitement humaine se trouve en face du Mausolée au Médicis.

Il Duomo - Statue

 

 

Toute cathédrale contient des orgues. Bien entendu cette cathédrale en possède également. Ici, il sont situé dans le presbytère. Sans être vraiment grands, leurs dimensions sont quand même respectables. Cependant, au milieu de cet espace, ils semblent vraiment dérisoires. J’avais espéré des orgues beaucoup plus imposant.

 

Il Duomo - Orgues

 

 

Le coeur de la cathédrale est sans conteste admirable. Les vitraux qui l’entourent lui confère une luminosité naturelle qui tranche par rapport au reste de l’édifice disposant d’un éclairage artificiel. Par ailleurs la couleur chaude qui en émane est apaisante et invite au recueillement.
A noter qu’au dessus du grand autel, à environ 42 m, se trouve la relique la plus précieuse du Duomo, le « Clou de la Vraie Croix » (vous pouvez distinguer la lumière rouge qui l’éclaire), qui selon la tradition aurait été retrouvé par sainte Hélène et utilisé comme mors pour le cheval de Constantin Ier. Le cloue de la Vrai Croix étant un des cloues qui auraient servi lors de la crucifixion. Autant dire que niveau relique, celui-ci est au moins de niveau semi-divin. Nul doute qu’elle doit conférer un bonus minimal de +5  au blocage des énergies démoniaques à l’ensemble du sanctuaire. Hum… Maintenant que j’y pense, je n’ai d’ailleurs croisé aucun mort-vivant ni seigneur démoniste dans l’enceinte, alors qu’il y avait un attroupement fort nombreux (et fort ennuyeux) de goules sur le parvis, à essayer de vendre des trucs lumineux et volant difficile à identifier, mais sans nul doute sataniques et corrupteurs, et pour faire bonne mesure, certainement blasphématoires.

Il Duomo - Coeur

 

 

Hélas, trois fois hélas, nous n’avons pas pu faire la visite du toit. Non pas que le prix de 5,5€ soit démesuré, mais parce que la nuit tombait. Cependant, nous aurions eu droit à deux options pour visiter la toiture (et admirer au plus près la forêt de flèches et de statues).
La première, pour les intrépides aventuriers en mal de sensation forte se résume à prendre l’escalier. Oui, mais sous le terme d’escalier bien des nuances peuvent se cacher. Ici l’escalier compte 919 marches, ce qui représente l’équivalent de 46 étages dans un immeuble classique. Sympa hein?
Sinon pour les grosses feignasses qui n’ont aucun respect pour les valeurs ancestrales de la marche à pied, l’ascenseur est possible et se situe à l’extérieur.
Quand à nous, sortant à la nuit tombé, je n’ai eu d’autre choix que d’utiliser mon flash pour éloigner une horde de goules maléfiques tentant de me vendre des colifichets aussi inutile que cher ( oui, 2€ le bout de ficelle autour du poignet qui porte chance si on le conserve jusqu’à ce que l’usure l’ai réduit en poudre… Mais bien sur! ).
Cependant, la place étant assez sombre et la façade de la cathédrale particulièrement bien éclairée, j’ai pu prendre une belle exposition longue.

 

Il Duomo - Nocturne

 

 

Ma conclusion sur Il Duomo :

Si j’ai aimé Il Duomo? Oui. Mais par dessus tout, j’ai été impressionné. C’est un cathédrale immense, un monument de l’histoire de Milan et de l’histoire de l’Eglise catholique. Si vous allez à Milan, ou même si vous ne faites que traverser la ville, prenez le temps de contempler cet édifice titanesque, aussi invraisemblable à l’extérieur qu’il est hors norme à l’intérieur. Sa visite est gratuite, mais vous devez payer 2€ si vous voulez prendre des photo. Ajouter 5,5€ de plus pour visiter le toit en prenant l’ascenseur. C’est pas cher payer pour visiter ce qui est, a mon sens, un chef d’oeuvre architectural et un défit d’envergure quand on voit qu’il a été construit sur 600 ans.