Turin – Musée égyptologique – Museo Egizio

Turin – Musée égyptologique – Museo Egizio

 

Introduction :

Après Monaco et Milan, me voilà arrivé à Turin.
Tous les passionnés d’Egypte le savent, qui dit Turin dit Musée Egyptien, l’un des plus impressionnants du monde. C’est donc pour cette raison que malgré la fatigue de la route, j’ai voulu me précipiter dans ce musée. La visite historique de la ville attendra le lendemain.

 

Localisation du Musée égyptologique :

 

 

Son site internet en italien et en anglais donne énormément de précision sur les collections et les objets exposés. La façade était en rénovation, donc attaquons le sujet avec quelques momies pour nous mettre dans l’ambiance.
A noter qu’elles sont très disciplinées puis-qu’aucune ne s’est échappée pendant ma visite et aucun incident grave n’a été rapporté ses dernières années.

 

Turin - Musée égyptologique - Sarcophages et momies

 

 

Histoire du Musée égyptologique :

Avant même l’histoire du Musée, il y a l’histoire des antiquités égyptienne à Turin.
En 1630, le premier objet à y arriver fut le Mensa Isiaca, un autel issus d’un temple voué au culte d’Isis présent à Rome, acheté par le roi Carlo Emanuele I.
En 1724 le roi Vittorio Amedeo II fonde le Museo della Regia Università di Torino (le Musée de l’université royale de Turin), au sein même de l’université afin d’y présenter des collections d’antiquités.
En 1757, le roi Carlo Emanuele III charge le professeur Vitaliano Donati d’acquérir des objets provenant d’Egypte afin d’expliquer la signification de l’autel d’Isis acheté par son ancêtre. Toutes ces nouvelles acquisitions prendront places dans le Musée de l’Université.

Il faudra donc attendre 1824, suite à l’acquisition de l’importante collection d’antiquités égyptiennes de Bernadino Drovetti par le roi Carlo Felice, pour que le Regio Museo delle Antichità Egizie ( le Musée royal des antiquités égyptiennes) soit fondé.
Bernadino Drovetti, qui était au service de Napoléon Bonaparte lors de sa conquête de l’Egypte, fut nommé consul de France en Egypte. Il fit de nombreuses fouilles et rapporta une collection de 5268 objets (100 statues, 170 papyrus, des sarcophages, des momies, des objets en bronzes, des amulettes, ainsi que des objets de la vie de tout les jours). Son amitié avec le vice-roi d’égypte, Mohamed Ali, lui permit de déplacer sa collection à Turin pour le roi Carlo Felice.
C’est à ce moment la, en 1824 donc, que le célèbre français Jean-François Champollion, spécialiste dans l’étude des hiéroglyphes, vint à Turin et participa à l’élaboration d’un catalogue raisonné de la collection.
L’archéologue et égyptologue italien Ernesto Schiaparelli a considérablement contribué à développer les collections du musée. Il fut d’ailleurs nommé directeur de 1894 à 1928, date de sa mort.
De 1900 à 1930, de nombreuses missions archéologiques a Heliopolis, Gizé, la Vallée des Reines de Thèbes, Qaw el-Kebir, Assiut, Hammamiya, Hermopolis, Deir el-Medina et à Gebelein ont également profité au musée pour fortement compléter les collections.
En 1960, pour son aide dans le sauvetage des monuments de Nubie par l’UNESCO, le Musée reçoit sa dernière acquisition majeure offerte par l’Egypte (la République Arabe d’Egypte) : le petit Temple d’Ellesiya.

 

Turin - Musée égyptologique - Tête

 

 

Ma visite du Musée égyptologique :

Autant le dire, l’histoire de ce musée est riche, et je rêvais de le visiter depuis bien longtemps.
Voyez vous, le musée du Caire en sans nul doute le plus important au monde, mais ceux qui l’ont visité m’ont rapporté les tristes conditions de préservation, l’odeur infecte et la saleté qui servent d’ornement aux antiquités. Cela à cause de la pauvreté du pays qui a déjà du mal à s’alimenter et ne va donc pas investir des sommes folles pour préserver correctement le passé. Et puis voyager en Egypte, c’est tout une aventure.
Alors que le musée de Turin est la 2ème plus importante collection du monde, est proche de mon chez moi natal, et en plus les conditions d’expositions et de préservations sont excellentes.
Par ailleurs, ce musée est le premier centre mondial de restauration des antiquités Egyptiennes.
Il présente 6500 objets aux visiteurs et en contient encore 26000 en stock, à la disposition des universitaires et des égyptologues.
Vous pourrez par exemple y admirer ce croquis d’une danseuse pour le moins exotique.

 

Turin - Musée égyptologique - Danseuse

 

 

Le Musée se décompose à 3 parties bien distinctes.
La première présente l’époque la plus récente, la période Romane et Byzantine. C’est la plus grande et la plus fournie évidemment. On y trouve plein de momies aussi bien humaines qu’animales (vaches, chats, crocodiles…), quelques zombis, et quantités d’amulettes, gravures, poteries et papyrus.
N’est-il pas charmant? Ce doutait-il quelques 2500 ans après sa mort, qu’il se retrouverai exposé à la vue des curieux et des touristes qui prennent des photos et rédigent des articles?
J’ai bien tenté une animation des morts, mais ça n’a rien donné. Trop raide je pense.

 

Turin - Musée égyptologique - Momie

 

 

J’y ai également croisé un objet magnifique que j’ai contemplé pendant plusieurs minutes et photographié sous tous les angles. Le fameux Pyramidion de Râmosé… Je trouve qu’il s’en dégage quelque chose d’éternel et d’immuable. Je suis vraiment resté en arrêt devant cette petite merveille.

 

Turin - Musée égyptologique - Pyramidion de Râmosé

 

 

Dans la collection des papyrus, on peut « lire » sur 5 panneaux, d’une longueur d’environ 10m chacun, le livre des morts dans un état de conservation exceptionnel. Mais on peut aussi voir de nombreux fragments qui montre la vie quotidienne des paysans cultivant la terre.
J’avoue que je ne résiste à l’envie de partager avec vous cette photo d’un homme doté d’un membre d’airain aux proportions éléphantesques.

 

Turin - Musée égyptologique - Papyrus

 

 

La deuxième galerie est composée du petit temple d’Ellesiya mais aussi d’un magnifique statuaire, répartie sur deux salles. On peut y voir des sphinx, des représentations de divinités telles que Amon, Anubis ou encore Osiris.

 

Turin - Musée égyptologique - Statuaire

 

 

Outre les statues ayant une référence mythologique, il y a également des sarcophages et plus simplement des statues de pharaons telle que celle-ci de Ramsès II.

 

Turin - Musée égyptologique - Statue Ramses II

 

 

Dans la troisième et dernière partie, on trouve la collection des règnes antiques dont il ne reste presque plus de vestiges, mais aussi des tombes et de très beaux exemples de sarcophages « multi-couches » (sarcophage externe en pierre, sarcophage médian en bois, sarcophage interne en bois, emmaillotement dans du ruban) des pharaons. On y observe quelques éléments de mobilier qui montrent que les riches avaient accès à une certaine forme de confort.

 

Turin - Musée égyptologique - Sarcophage

 

 

Ma conclusion sur le Musée égyptologique :

Comme à l’accoutumé, un magasin de souvenir est présent à la sortie, contenant de nombreux ouvrages qui raviront les petits et grands, les curieux et les passionnés.
Il va s’en dire que j’ai adoré la visite de ce musée, qui à mon avis mérite à lui seul un voyage à Turin.
Même si le sujet du musée n’a rien à voir avec une visite touristique et historique classique d’une ville européenne, il est le 2ème plus grand musée au monde (après le Caire) et le plus grand centre de restauration d’antiquité égyptienne du monde.
C’est une véritable encyclopédie qui s’étale sous nos yeux.
Visiter ce musée est une chance qui ne se rate pas.