Musée National de Singapour

Musée National de Singapour

 

Introduction :

Me promenant pour prendre des photos de fleur (une de mes grands sujets, je vous les présenterais un jour) dans le parc du fort Carning, la proximité du Musée National et la météo pas terrible m’a subitement donné envie de visiter le Musée National de Singapour.

 

Localisation du Musée National de Singapour :

 

 

Faire le tour du Musée est un plaisir. Un savant mélange architectural combine le bâtiment ancien avec une verrière moderne ce qui donne un ensemble contrasté et charmant. Situé juste à côté du Fort Carning Park, non loin du Philatelic Museum d’ailleurs, il est assez simple d’y accéder par les red/purple/orange lines sortie Dhoby Ghaut.
Le site internet du Musée est des plus complets, son compte twitter et sa page facebook sont très régulièrement mis à jour. Autant dire que le Musée sait communiquer et le fait bien.

 

Singapore National Museum - Entrée

 

 

Histoire du Musée National de Singapour :

L’histoire du Musée National de Singapour est très intéressante car elle ne se résume pas à un lieu, mais fait parti intégrante de l’évolution du pays lui même.
C’est en 1823 que Sir Raffles a pour la première fois évoqué l’idée d’un Musée National afin de mettre à l’honneur la mémoire de la culture locale.
Ce n’est qu’en 1849 que prend forme le Musée-Librairie de Singapour, situé à Bras Basah Road et dans la « Singapore Institution » qui adopte alors le nom de « Raffles Institution« .
En 1863, le  Musée-Librairie déménage au « Town Hall » qui s’appelle aujourd’hui le Théâtre Victoria.
En 1876, face au nombre croissant d’objets conservés par le Musée, il retourne dans le « Raffles Institution ».
En 1882, l’ingénieur colonial Henry McCallum est mandaté pour construire un bâtiment dédié au Musée afin d’abriter sa collection grandissante.
En 1884, une célébration est faite par le gouverneur Sir Frederick Weld, en l’honneur de la première pierre des fondations du Musée.
Le 12 Octobre 1887, il est inauguré officiellement lors du jubilé d’or de la Reine Victoria. Le gouverneur Sir Frederick Weld retarda son départ pour Londres afin de présider l’inauguration.
Dans ses premières années le Musée était reconnu et fameux pour sa collection zoologique et ethnographique. Il était un centre de recherche et de connaissance. De grands noms de l’ornithologie (HD Collings), de la zoologie (Richard Hanitsch), de l’anthropologie (Frederic Chasen) mais aussi en ‘histoire Malaise, en ethnographie et en photographie (Gibson-Hill) ont participé à l’extension des collections du Musée.
D’ailleurs, dès 1906, à peine 20 ans après la construction, le bâtiment subit de notables extensions qui ouvrirent le 13 Février 1907, lors du 1er jour de l’an chinois.
D’autres extensions seront encore rajoutées en 1916, 1926 et 1934 afin de contenir le nombre perpétuellement croissant d’artefacts et de livres.
En 1931, une collection zoologique entière est ouverte afin d’accueillir les cadeaux du Sultan Ibrahim de Johor, contentant entre autre un tigre, mais aussi un éléphant qu’il avait personnellement abattu.
Pendant les années d’occupation Japonaise de 1942 à 1945, le Musée sera renommé Syonan Hakubutsu Kan, cependant l’intégrité du bâtiment restera intacte grâce à sa réputation d’excellence.
En 1960 la libraire est séparée du Musée.
Lors de l’indépendance Singapourienne en 1965, le Musée prend enfin le nom de Musée National et d’importantes réorganisations surviennent. Les collections zoologiques qui ont fait sa gloire sont transférées dans le département de biologie de l’Université Nationale de Singapour et d’autres Musées situés a Kolkota en Inde et Kuala Lumpur en Malaisie. Le Musée centra l’intégralité de son contenu sur la nouvelle nation Singapourienne, son histoire, sa population et ses arts.
En 1970 est transféré en Malaisie le squelette de baleine péché près de Melaka en 1892 et qui était exposé depuis 1907, dans le but de ne conserver que des artefacts en relations avec Singapour.
En 1985 d’important travaux de rénovation sont fait afin de restaurer les dommages fait par le temps et les différents travaux d’agrandissement, hélas ces restaurations firent plus de mal que de bien.
Le 14 Février 1992, le Musée National devient officiellement un Monument National.
D’avril 2003 au 7 décembre 2006, le Musée va être fermé et temporairement relocalisé à Riverside Point, afin de l’agrandir et le restaurer, et pour le coup avec de grand moyen. La restauration est minutieuse et complète, rien n’est négligé. L’agrandissement est notable puisqu’il s’agit justement de l’impressionnante partie vitrée dont je vous parlais au tout début.

 

Singapore National Museum - Exterieur

 

 

Ma visite du Musée National de Singapour :

Lorsque l’on entre dans le bâtiment, on passe sous la rotonde qui est très bien mise en valeur et parfaitement éclairée grâce aux panneaux vitrés qui y sont installés.
Disposé autour de la rotonde, on voit l’immanquable magasin de souvenirs, le guichet et l’accès pour la visite du Musée.
Armé de mon tiqué à 11S$ qui me donne accès aux 6 galeries permanentes et aux 2 galeries temporaires, je m’avance donc vers la découverte de ce Musée qui s’annonce incroyable vue sa splendeur extérieure.
Je commence ma visite en me dirigeant vers le sous-sol où sont les galeries temporaires. Mais peut-on vraiment parler de sous-sol? La place centrale du Musée située dans la nouvelle zone vitrée est très largement ouverte et lumineuse.
Lors de ma visite, les expositions temporaires portaient, l’une sur la vie d’un amoureux du théâtre, l’autre sur un photographe qui utilise une technique de projection pour faire des photos de groupe malgré la distance qui peut séparer les membre d’une famille. A titre personnel, j’ai largement préféré la deuxième. Cependant, il y a très rapidement une sensation qui nous prends, c’est celle d’espace. Les salles sont immenses et si d’astucieux jeux de panneaux permettent de casser le volume, j’ai trouvé que ses deux expositions temporaires manquaient de contenu pour remplir l’espace qui leur était dédié.

 

Singapore National Museum - Temporaire

 

 

Après la visite du niveau -1 terminée, je monte de deux niveaux pour aller faire la visite des expositions permanentes.
La nouvelle zone vitrée construite et ouverte il y a 7 ans est magnifique, le volume est surprenant et du fait des vitres qui ne donnent aucune limite on voit le ciel et le Fort Carning Park autour. Mais une fois de plus, c’est vide. Ni statue, ni tableau, ni rien du tout pour donner matière à contemplation aux visiteurs. Cette grande zone vide est juste un espace carrefour qui permet d’aller d’une zone du Musée à une autre.
Pour les fans de « Little Bouddha », je me souviens d’un moine bouddhiste qui visite l’appartement dans lequel emménage les parents du jeune sélectionné. Il dit une phrase qui convient fort bien ici :
« C’est très beau, c’est très vide ».

 

Singapore National Museum - Intérieur vitré

 

 

Enfin, c’est avec le sourire que je me dirige vers la toute nouvelle galerie du Musée, la « Singapore History Gallery ». On y entre par petit groupe donc j’attends tranquillement pendant qu’une dame vient m’expliquer comment fonctionne l’audio guide. La dame m’explique également gentiment que les photos sont autorisées mais sans le flash (normal) et que l’usage de trépied n’est pas toléré (normal également) donc aucun problème mon Pentax K5 est un tueur pour les environnements à faible luminosité, je le règle donc en mode hostile : ouverte à 5.5 (pleine ouverture à 2.8 mais grosse perte de piqué et mise au point difficile), temps d’expo à 1/10-1/15ème car moins je ne suis pas assez stable et elle deviennent floues, et l’ISO à 200 car au delà je trouve le grain trop important si l’environnement est très sombre. Hahaha, à nous deux Musée National, montre moi tes collections et tes artefacts, laisse moi contempler tes trésors!

 

Singapore National Museum - Audio guide

 

 

La première salle… J’ai rien compris. C’est une pièce circulaire avec des murs en panneau sur les quels sont projetés des images aléatoires de ce que j’ai supposé être la vie de tout les jours à Singapour. Images du ciel, du port, d’enfants qui courent, d’adultes qui marchent dans un parc, de building en travaux, d’une rue avec la circulation automobile, de cyclistes… Tout cela défilant rapidement, la luminosité de la salle dépendant des projections, elle est sans cesse changeante et mes yeux pourtant pas mauvais, avais bien du mal à trouver un juste milieu entre être ébloui et ne rien voir.
Comble de la malchance, mon audio guide avait un mauvais contact au niveau des écouteurs, je discernais péniblement les explications au milieu des crépitements désagréables.
Après avoir traversé cette salle en suivant la passerelle, on se retrouve dans la zone vitrée extérieure et donc totalement ébloui. Après un escalier en colimaçon on se retrouver de nouveau dans le noir pour traverser la même pièce mais au niveau du sol ce coup-ci, au final pour de nouveau en ressortir en pleine lumière… Je… J’ai rien compris. Commencer la visite par ça m’a un peu inquiété.
On se retrouve donc au niveau de l’entrée côté rue (car côté parc l’entrée ce fait au premier étage).
Je pénètre dans un espace immense découpé en allées et en pièces grâce à des cloisons montant presque jusqu’au plafond. Cet espace est sombre? C’est peu de le dire… Je comprends tout à fait que pour la préservation des vestiges exposés il ne faut aucun rayonnement UV, et je ne peux m’empêcher de repenser au très astucieux système d’éclairage utilisé au MINT – Museum of Toys. Car ici il fait tout simple noir, et on devine où l’on doit aller car de très faibles éclairages montrent les choses à regarder.
Pire que le côté sombre, il y a plusieurs chemins à suivre qui se coupent et se recoupent. Si l’on souhaite donc tout voir, on se retrouve sans cesse à faire des va et vient pénibles, parcourant parfois 3 fois le même couloir pour accéder à d’autres pièces. Aucun plan, aucun fléchage clair, on ne sait pas où on est ni vers quoi on se dirige. De longs couloirs obliques parfois composés de miroirs teintés nous conduisent vers d’autres zones tout aussi sombres.
Malgré mes réglages j’ai été incapable de prendre des photos correctes. Le pire, c’est que dans cet entrelacements de couloirs et de pièces, il n’y a jamais grand chose à voir.
Je comprends également pourquoi l’audio-guide, c’est que vue le manque de lumière il serait tout simplement impossible de lire des panneaux de renseignements.
Bref, après m’être perdu dans deux cul de sac consécutifs, j’ai finalement trouvé la sorti de cette galère galerie. J’ai tout de même réussi à prendre un magnifique tableau de Sir Raffles, mais dans l’ensemble, il n’y a pas grand chose à photographier à cause des conditions de non éclairage.
C’est d’ailleurs fort dommage, car les objets exposés font tous parti du patrimoine de Singapour. Même s’ils sont perdu au milieu d’une immensité efficacement découpée en petites zones, et difficiles à apprécier à cause de l’obscurité, il n’en reste pas moins que c’est l’histoire de Singapour qui s’expose devant nos yeux. Il est très intéressant de voir l’évolution de son urbanisation au travers des collections de photos, de voir ses espèces animales dans une salle remplie des dessins des naturalistes de l’époque ou encore de voir les outils agricoles utilisés lorsque la ville ne couvrait pas toute l’ile.
On a le plaisir de découvrir la « Singapore Stone » ainsi que d’autres artefacts majeurs de l’histoire de Singapour.

 

Singapore National Museum - Raffles

 

 

Une fois la visite de la « Singapore History Gallery » terminée, je me dirige vers la partie ancienne du bâtiment où l’on trouve les 5 autres expositions permanentes, qui sont chacune ciblée sur une thématique bien précise.
– « The Goh Seng Choo Gallery Seen & Heard in Singapore Island Ecologies Today and in time of William Farquhar » est une exposition montrant tout une collection de dessins zoologiques et d’histoire naturelle fait par le commandant William Fakuhar. Je pense que c’est la seule pièce du Musée qui soit d’une dimension appropriée par rapport à la collection qu’elle contient.
– « Singapore Living Galleries – Food » est une salle très intéressante qui montre la diversité de la nourriture locale qui est le reflet direct de la diversité des origines de la population Singapourienne et de son mélange.
– « Singapore Living Galleries – Photography » est probablement la section la plus inutile du Musée puisqu’on y voit pas moins de… 10-12 photos réparties dans deux salles pour ne pas gâcher l’espace pour les mettre en valeur. Photos de familles, de mariages ou même portraits. Complètement inutile.
– « Singapore Living Galleries – Fashion » présente la mode à Singapour. Comme cela est une habitude dans ce Musée, un long couloir sombre et très large crée un parcours inutile afin de casser le volume de la pièce, nous permettant de contempler facilement une quinzaine de tenues vestimentaires pour nous emmener enfin dans une grande pièce un peu moins vide où un habile jeux de miroir permet donc de doubler le nombre de choses que l’ont voit.

 

Singapore National Museum - Fashion

 

 

– « Singapore Living Galleries – Film & Wayang » montre les anciens films locaux, des affiches et de magnifiques costumes.

 

Singapore National Museum - Film

 

 

Ma conclusion à propos du Musée National de Singapour :

En conclusion je suis bien triste de dire que ce Musée n’est pas à la hauteur de ce que j’attendais d’un Musée National. La bâtiment lui même est un chef d’oeuvre mais tous les objets exposés auraient mérités une meilleure mise en valeur. Je comprends que l’espace soit trop grand pour le peu d’objets à montrer, mais le découpage me semble mal pensé et peu pratique. Par ailleurs, l’environnement trop sombre n’est pas plaisant et on se sent perdu.
La visite ressemble plus à une vaste exploration où, au lieu d’être entouré par le Patrimoine et l’Histoire, on passe son temps à arpenter des couloirs pour les trouver.
Je conseille la visite du bâtiment qui est magnifique et lumineux (et gratuite), mais ne visitez les galeries que si vous avez beaucoup de temps dans votre séjour et que vous n’avez rien de prioritaire à faire avant.