Sasanaramsi – Temple Bouddhiste Birman

Sasanaramsi – Temple Bouddhiste Birman

 

Introduction :

A Singapour, visiter les endroits hautement touristiques, il le faut bien. Cependant, mon plaisir consiste aussi à visiter des endroits insolites. C’est pour cette raison que je vais vous parler du temple Birman Sasanaramsi que j’ai visité par deux fois car ma première visite fut sans le savoir très incomplète.
C’est son site internet qui m’a fait revenir afin de poursuivre l’exploration.

 

Localisation du Sasanaramsi :

 

 

Il s’agit du seul Temple Birman de style architectural traditionnel construit en dehors de la Birmanie (ou République de l’Union du Myanmar) et c’est dans le quartier de Novena qu’il se trouve, juste à côté du Mémorial de Sun Yat Set.

 

Maha Sasana Ramsi Burmese Buddhist Temple - Entrée

 

 

Histoire du Sasanaramsi :

Son histoire est assez ancienne, surtout quand on la compare à l’histoire de la Singapour moderne.
Il est fondé à 1875 au 17 Kinta Road par un Birman appelé U Thar Hnin (Tang Sooay Chin).
En 1878, il le donne à un physicien Birman du nom de U Kyaw Gaung (Khoo Teogou). L’objectif de Khoo Teegou est d’étendre l’influence du Bouddhisme Theravada de sa Birmanie natale.
Elu administrateur du Temple en 1907, il se lance alors dans le projet de faire venir un statue de Bouddha aussi grande que celles de son pays. Pour cela, il se rendit dans la carrière de Sagyin Hill, située à 50km au nord de Mandalay, fameuse pour la qualité supérieure de son marbre blanc. Il y acheta un block de 10 tonnes.
En 1918, ce bloc fut taillé à Mandalay, afin d’en sortir une image sereine et immuable de Bouddha.
En 1921, malgré le manque de techniques modernes pour transporter une oeuvre aussi lourde, la statue est  déplacée de Mandalay au temple de Singapour situé à Kinta Road.
En 1925, elle est transférée dans une chambre de prière et devient un lieu Saint accueillant fidèles et pèlerins.
En 1935 Khoo Teegou meurt à l’âge de 69ans et le temple est alors partiellement reconverti en résidence privée. C’est son fils qui en prendra soin pendant l’occupation japonaise et la période d’après guerre.
En 1988, les autorités de Singapour mettent en place d’un plan d’urbanisation moderne afin d’organiser l’espace et la croissance de l’ile.
En 1991 a lieu l’ouverture officielle du Temple actuel, de style traditionnel Birman, dans lequel l’ancien temple a été transféré. La statue de Bouddha y est placée, ce qui consacre le Temple.

On trouve au deuxième étage une fresque murale qui raconte les étapes les plus importantes des temples et des statues.

 

Maha Sasana Ramsi Burmese Buddhist Temple - Fresque

 

 

Ma visite du Sasanaramsi :

Chose que je ne savais pas lors de ma première visite, le Temple comporte plusieurs étages qui sont accessibles au public. Je craignais pour ma part que les étages ne soient réservés qu’aux moines résidents et aux pratiquants. Cependant, un des moines résident m’a fait le plaisir d’une visite guidée en m’expliquant leurs rythmes de vie, et la signification de certains symboles.
Il m’a notamment parlé du Panca Ruca, un animal mythique de Birmanie.
Il possède la trompe et les défenses de l’éléphant (la force), il a des pattes et les oreilles du cheval (la vitesse et l’écoute), les bois du chevreuil (beauté et protection), les ailes de l’oiseau (voler vers l’inconnu et l’indépendance) et la nageoire caudale de la carpe (nager librement).
Il est donc un animal beau et puissant, présent dans les éléments Terre, Air et Eau.

 

Maha Sasana Ramsi Burmese Buddhist Temple - Panca Rupa

 

 

Sur le plan architectural, le rez-de-chaussée est réservé aux taches administratives et contient une bibliothèque. Cependant son accès n’est réservé qu’aux moines.
De l’extérieur, en montant quelques marches sur lesquelles on prendra bien soin de se déchausser, on atteint le premier étage: le Hall Sacré, dans lequel trône la statue de Bouddha commandée par Khoo Teegou.
Devant la statue, sur un immense tapis viennent prier les pratiquants. Sur la gauche un moine résidant fait des bénédictions à qui vient lui en faire la demande. Sur la droite en entrant, on trouve un espace dans lequel on peut faire des donations ou bien acheter des objets.
A savoir, tous les livre ou CD contenant des textes du Dhamma sont totalement gratuits et en libre service.

 

Maha Sasana Ramsi Burmese Buddhist Temple - Shrine Hall

 

 

Rapprochons nous de la statue pour l’observer plus en détail. Elle baigne dans une lumière dorée, mais avec un post-traitement de ma photo, je lui ai rendu sa blancheur naturelle, ce qui nous dévoile un marbre d’une pureté éclatante. Elle est la plus grande statue Birmane de Bouddha qui soit en dehors de la Birmanie. Elle mesure 3,35m de haut, 2,80m de large et 1,17m d’épaisseur. Une splendeur…

 

Maha Sasana Ramsi Burmese Buddhist Temple - Statue

 

 

En prenant un escalier, on atteint le deuxième étage: le Hall de la Méditation. Ici, comme son nom l’indique, l’espace est uniquement dédié à la prière et la méditation. Cependant, elle contient des ornements qui méritent le détour.
Sur le mur en entrant on voit la formidable fresque dont je parlais et que je vous ai montré plus tôt.
Sur les murs au niveau du toit, deux fresques montrent des étapes importantes dans la vie de Bouddha.
Et enfin, ce qui s’impose à nous, une autre statue très impressionnante d’un Bouddha, entourée d’une multitude d’autres figures au mur et au sol. Chaque statue accrochée au mur porte le nom de son donateur.

 

Maha Sasana Ramsi Burmese Buddhist Temple - Meditation Hall

 

 

Pour finir, le moine qui me faisait la visite m’a permis d’accéder au troisième étage qui donne accès au toit en terrasse où siège au milieu la salle de méditation des moines résidents, une sorte de saint des saints.
Ce qui frappe, c’est la simplicité de la pièce. Un tapis et trois statues. On aperçoit un ventilateur et une petite clim comme seuls agréments de confort dans cette pièce qui doit ressembler à une fournaise vue qu’elle est en exposition directe au soleil.

 

Maha Sasana Ramsi Burmese Buddhist Temple - Salle de prière

 

 

 Ma conclusion à propos du Sasanaramsi :

La visite se termine et je redescends les escaliers en finissant quelques sujets de conversations avec ce moine fort courtois et sympathique qui m’aura accompagné pendant plus d’une heure.
Ma conclusion est que cet endroit mérite le détour, même s’il ne s’agit pas du tout d’une attraction touristique mais plutôt d’une découverte spirituelle et intellectuelle.